Haïti: la liberté de la presse entravée

Haïti: la liberté de la presse entravée

Journal d'Haïti et des Amériques · 2026-01-19
30:00

Haïti figure parmi les pays les plus dangereux au monde pour les journalistes. Selon le dernier rapport de Reporters sans frontières (RSF), le pays se classe au 111è rang sur 180. Dans ce contexte dominé par la violence des gangs, les journalistes sont fréquemment la cible d’actes criminels, ou même de certains membres de la Police nationale haïtienne. Après Port-au-Prince, la capitale, l’Artibonite est la deuxième région du pays où la situation des journalistes est particulièrement préoccupante.

À Saint-Marc, chef-lieu du Bas-Artibonite, les journalistes sont désormais obligés de rester confinés dans le centre-ville, car la commune se trouve prise en étau entre deux gangs puissants qui menacent régulièrement de s’emparer de la ville. « Nous, journalistes de Saint-Marc, aimerions souvent nous rendre dans les zones périphériques pour réaliser des reportages, notamment dans la commune de Montrouis. Malheureusement, cette région est aujourd’hui contrôlée par des hommes armés, explique à Ronel Paul le journaliste Yveto Altidort, de la Radio Latibonite FM. Nous souhaiterions également nous rendre dans la vallée de l’Artibonite afin d’y rencontrer les paysans, qui ne peuvent plus travailler leurs terres à cause de la présence du gang Gran Grif à Savien, dirigé par un certain Luckson Elan. Hélas, c'est désormais impossible. Contrairement aux années 2020, 2021 et 2022, il est aujourd’hui extrêmement difficile pour nous, journalistes, de poursuivre notre travail sur le terrain. »

Les journalistes risquent aussi désormais davantage de sanctions pour diffamation : à trois semaines de la fin de son mandat, le conseil présidentiel de transition (CPT) a adopté un décret pour « encadrer la liberté d’expression ». Le comité de protection des journalistes dénonce un recul des libertés de la presse et réclame le retrait du document publié par les autorités de transition.

État de siège au Guatemala

Le président Bernardo Arévalo a déclaré l'état de siège pour 30 jours au Guatemala après l'assassinat de 8 policiers par les gangs ce week-end. Les portraits en noir et blanc de ces hommes et femmes, en uniforme, sont alignés en Une de La Hora. En signe de deuil, la première page du quotidien Prensa Libre a été imprimée sur fond noir ce dimanche et ce lundi. Les policiers ont été tués dans une série d'attaques, de mutineries et de prises d'otages dans des prisons, après que les autorités ont décidé de transférer des chefs de gangs dans un établissement de haute sécurité. Dans son éditorial du jour, Prensa Libre déplore que la politique actuelle du gouvernement consiste plus à réagir qu'à anticiper. D'après le quotidien, ce n'est toutefois pas nouveau : les systèmes de renseignement ont été « fragilisés » par les gouvernements successifs, par « négligence » ou à cause de « querelles politiques ».

Le journal appelle à « punir », au nom des droits des citoyens, même si cela va à l'encontre des droits humains. Mais attention à la tentation « d'importer les méthodes » répressives du Salvador de Nayib Bukele, prévient l'auteur d'une tribune dans El Siglo. C'est un « risque mortel pour la république », écrit-il. Car face à un « discours d'efficacité, tout contrepouvoir est vu comme suspect, est perçu comme un obstacle qui protègerait les coupables », regrette l'auteur de cette tribune. Mais si « le pouvoir apprend qu'il peut fonctionner sans limites », il est déjà trop tard quand le citoyen réalise ensuite « qu'il n'a plus personne à qui demander des comptes », conclut-il.

Au Québec, la difficile mise en œuvre d'une réforme sur la langue française

C’est une exception culturelle, encerclée par 350 millions d’anglophones : au Québec, le seul État francophone d’Amérique du Nord, la langue française se défend par la loi. Depuis 2022, le gouvernement a durci sa législation linguistique avec une réforme majeure qui impose le français comme langue normale du travail, du commerce et des affaires. Saluée par ceux qui redoutent une assimilation lente, cette réforme oblige désormais les entreprises, locales comme internationales, à réviser leur grammaire, sous peine de lourdes sanctions. Mais près de sept mois après son entrée en vigueur, l'application de cette réforme se heurte à des difficultés sur le terrain, a constaté notre correspondante à Montréal, Nafi Alibert.

Dans le journal de La 1ère...

En Guadeloupe, l’Hôpital de Capesterre-Belle Eau passe officiellement sous la direction du Centre Hospitalier de Basse-Terre, explique Benoît Ferrand, d'Outre-Mer La 1ère.

Journal d'Haïti et des Amériques

13h10-13h30 (TU) sur l'antenne Monde, Anne Cantener vous propose un rendez-vous d’information destiné aux Amériques, avec chaque jour, un dossier spécial Haïti. Haïti, avec quelque trois millions d’auditeurs, est le deuxième bassin d’audience de notre radio, après celui de l’Afrique francophone. Le pays compte six émetteurs pour diffuser RFI en modulation de fréquence. C’est pour cet auditoire que, chaque jour, RFI consacre un reportage, ou une interview, spécifiquement consacré à Haïti.

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  • Dernier épisode: 2026-01-30
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